• Conférence & médiumnité publiques
    Une conférence suivie d'une séance médiumnique publique à Dole (39)

    Avec la participation des médiums Martine Minutella et Victor Maïa
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    Une séance médiumnique à Neuville-sur-Saône (69)

    Avec la participation des médiums Martine Minutella et Victor Maïa
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    Une conférence suivie d'une séance médiumnique à Vannes (56)

    Avec la participation du conférencier et médium Victor Maïa
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    Une conférence suivie d'une séance médiumnique à Bourg de péage (26)

    Avec la participation du conférencier et médium Victor Maïa
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    Une conférence suivie d'une séance médiumnique à Villefranche-sur-Saône (69)

    Avec la participation du conférencier et médium Victor Maïa

Documents

 

savoirs &

 

témoignages

Témoigner de la survivance de l'âme après la mort du corps physique est pour une personne comme moi une nécessité comme elle l'est pour un enfant qui ne peut retenir un secret merveilleux.

De fait, mes activités spirituelles m'amènent à délivrer ce témoignage de différentes façons. L'une d'entre elles consiste en la production de documents que je partage ici avec vous. Il s'agit notamment d'articles spiritualistes ainsi que des compte-rendus de séances spirites auxquelles j'ai participé. J'ai également réalisé en octobre 2012 une gazette à laquelle ont participé quelques autres spiritualistes dont la présidente de l'association chemin de Vie. Une autre façon de présenter la réalité de la survivance de l'âme consiste en l'enregistrement de quelques-unes de mes séances médiumniques publiques à neuville-sur-Saône. Bien que les vidéos soient de mauvaises qualités et que l'ambiance soit mal restituée en raison des restrictions qu'impose la technique, vous apprécierez peut-être de regarder des exemples de contact avec l'autre monde. Vous y verrez, au moins, une facon d'excercer la médiumnité. Enfin, je présente mes sujets de conférence dont le contenu sera plus riche à mesure que je me sentirai à l'aise dans cette exercice.

Toutefois, songez que ces documents ne sont jamais que des points de vue sur l'au-delà et non une ultime vérité. La vérité, vous la trouverez en votre âme et conscience, au fond de votre coeur, avec tout ce qu'elle entraînera, tout ce qu'elle déchaînera en vous : un vif sentiment d'appartenance à un tout universel et le respect pour une humanité magnifique qui est sur un fragile chemin de progression. Aussi, je vous recommande de vous informer par ailleurs, de lire des ouvrages sur le sujet de l'après-vie, d'assister à des conférences et de participer à des séances médiumniques publiques ou privées où interviennent divers médiums sérieux.

C'est ainsi que tous ces témoignages formeront en vous une certitude absolue extraordinairement apaisante, celle de votre immortalité.

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ARTICLE

Les superstitions, qu'est-ce-que c'est?

Le 27 juillet 2005

Le mot superstition, initié par l'auteur antique Cicéron, vient du latin "superstitiosi, supersisto", "être sous la terreur divine" ou "superstes", "survivre". L'étymologie latine "superstitio" vient du verbe archaïque "superstitare", protéger, qui est composé des mots "super" qui signifie "au-dessus", et de "stare" qui veut dire "se tenir". Il s'agit donc de chercher à voir par-dessus les choses communes dans le but de s'attirer la protection des dieux ou d'autres puissances de l'au-delà.

Les croyances aux dieux et aux esprits, ainsi qu'aux effets occultes de différents matériaux et agissements, relèvent tous de la métaphysique, soit le monde des affirmations non démontrées. Il y a en effet la volonté dans les superstitions de donner un sens au monde, tout comme les religions. Dans la recherche de réponses à des préoccupations universelles, comme la peur et l'ignorance, l'immortalité et le besoin de bonheur, la superstition a ainsi inventé le conte, le mythe et la cosmogonie. Du point de vue religieux, la superstition est souvent comprise comme une sorte de croyance païenne en des forces surnaturelles qui n'ont rien à voir avec l'idée d'un Dieu tout-puissant. Ainsi, la superstition comprise de cette manière se compose de symboles qui peuvent ou doivent être interprétés. Quelque chose dit qu'elles parleraient davantage de la nature de l'homme que de la nature de Dieu.

Grâce aux progrès des sciences, il est aujourd'hui possible d'établir que bon nombre de superstitions sont en effet des inventions, et elles remettent ainsi en cause les métaphysiques antiques et populaires. Il en reste toutefois quelques autres, à notre époque, que l'objectivité des sciences devrait bientôt balayer, constituant de ce fait une autre métaphysique, moderne, qui ne sera d'ailleurs jamais qu'une autre superstition pour les générations futures.

Dans une sorte de survol, le texte plus bas que je vous propose en lecture établit une histoire de la superstition dans son sens premier, c'est-à-dire attaché aux dieux et aux esprits. Le texte est bon et l'auteur, sur une note humouristique, termine son panorama ethnologique en évoquant les voyants et les interpréteurs de songes. Il a été écrit par J. DE RIOLS entre 1905 et 1925. Il est la conclusion de son livre "Spiritisme et tables tournantes. Nouvelle méthode facile et complète", éditions Bornemann. A son époque, l'auteur a écrit des fascicules un peu dans le style "L'ésotérisme pour les nuls", ayant rapport donc avec le spiritisme, le magnétisme et le somnanbulisme, la graphologie et l'astrologie, disciplines bien connues alors. Loin de l'ambition d'un Camille Flamarion ou d'un Gabriel Delanne, tous deux d'éminents spirites, il se montre cependant souvent pertinent et résume bien les faits grâce à l'exercice d'une intelligence saine.

Riols s'affiche en effet tel un pragmatique, un rationnaliste spiritualiste. Il tente de démontrer que les origines des superstitions reposent sur l'irrationnel, c'est-à-dire en gros nos peurs qui se nourrissent de l'ignorance. Il ne cherche finalement qu'à rassurer ses lecteurs et il leur propose de rationnaliser les évènements chaque fois qu'une peur irrationnelle les submerge. Cette attitude est très valable, par exemple, lorsque la crainte de l'avenir nous créé des souçis. Il suffirait alors de se montrer raisonnable selon la formule du "qui vivra verra". Ou bien encore lorsque l'on est témoin d'un phénomène spirite quelconque, apparition, audition, etc ; le phénomène seul pourra parfaitement être incompréhensible et donner lieu à de mauvaises interprétations. Autant n'en projeter aucune ou bien mener des recherches objectives pour en comprendre le sens.

Mais RIOLS est surtout un témoin de son époque, effervescente du point de vue spiritualiste. Car il n'est pas le seul à tenir ce discours progressiste, il est tenu à peu près par tous ceux qui engendrent "la nouvelle société", celle des sciences et des technologies, capables d'accomplir de très belles choses comme de commettre des actes d'inhumanité. A cette époque, autour de la première guerre mondiale, il y a eu de grandes découvertes et études dans les sciences chimiques, médicales, mathématiques, astronomiques, psychologiques et parapsychiques, et même dans les sciences de la guerre. Ainsi, la destruction a pu favoriser le progrès de l'humanité. Les technologies se sont développées comme jamais auparavant avec comme point d'orgue l'automobile, l'aviation, la navigation, les communications, l'électricité, les usines et leurs rendements, l'exploitation des nouvelles ressources, etc. Et tout ceci a forcément modifié notre psychisme, transformé notre existence, notre rapport avec la nature, avec le monde lui-même. Soudain, les distances se sont faites plus courtes, le temps a raccourci, offrant au plus grand nombre la promesse d'accéder à une richesse matérielle et une liberté de mouvement et de penser inédites. Nous sommes les enfants de ces pères curieux et enjoués, les produits de ces bouleversements intellectuels, scientifiques et technologiques, religieux et moraux aussi. Savoir si c'est un bien ou un mal, ma foi, chacun se fera sa propre réponse. Nous nous sommes effectivement éloignés de l'imaginaire mystérieux qui prévalait aux époques précédentes au profit d'un imaginaire contrôlé, sans surprise, presque normalisé pour attirer les masses populaires à consommer des produits de rêve diffusés par exemple au cinéma et à la télévision ainsi que dans les magasines. Les rêves existent toujours, aujourd'hui, seulement les livres et les films, et internet aussi, ont remplacé les supports sur lesquels se véhiculaient les superstitions d'antant, à ce qu'il me semble. J'en prends pour exemple ce que l'on nomme les "légendes urbaines" et les manipulations d'opinion opérées par certains médias. Pour les premières, nous savons qu'elles ne sont que des fictions, des rumeurs plus exactement, à tel point que l'on peut même savoir parfois comment elles sont fabriquées et remonter jusqu'à leurs inventeurs. Cela, c'est certain, tue la beauté de l'imaginaire.

Est-il regrettable que l'on accorde moins d'importance aux mythes et légendes d'antant? Pour ma part, je reconnais leur valeur en tant qu'ils délivrent des enseignements sur les civilisations et, historiquement, nous replacent sur les échelles du Temps et de l'Espace, évoquent nos origines. L'important est de pouvoir, de savoir les situer dans un contexte. Nous pourrions croire que les scientifiques doivent être des personnes très tristes et pas marrantes à vouloir casser les rêves à chaque fois. Beaucoup d'entre eux ne croient pas aux facultés médiumniques puisqu'ils qu'ils dénient la survivance de l'âme après la mort du corps physique. De même, la voyance, les ovnis, mais aussi les superstitions et autres mythes, tout cela serait faux car issus de l'imaginaire humain puisqu'ils échappent en partie à l'examen de la science. On pourrait croire que la vie doit être bien fade pour eux, pas très excitante, tant on suppose qu'une vie sans mystères est une vie morne et ennuyeuse. Cependant, je crois au contraire que certaines études scientifiques doivent être passionnantes. Fatiguantes, obsédantes, tracassantes, démoralisantes, mais passionantes car elles touchent de près le mythe de "la Vérité", qui est de tous les mythes l'ultime. Elles contribuent également aux progrès de l'humanité.

Les scientifiques ont le mérite de faire disparaître des objets de croyance qui entretiennent les sentiments de peur, de crainte, de méfiance, de rejet et d'animosité. Ces sentiments naissent de l'ignorance. L'ignorance créant du vide, elle cède facilement sa place à l'imaginaire. Et en luttant contre l'ignorance, les scientifiques brisent des tabous qui pourrissent la vie plutôt qu'elles l'améliorent. Ainsi, le racisme a longtemps été une croyance superstitieuse. Lors de la controverse de Valladolid, par exemple, en 1550, on se demandait si l'amérindien était un homme ou un animal. Alors que la morale ne parvenait pas à convaincre de l'égalité des droits, les sciences ont démontré que les hommes sont semblables en tous points, rejetant ainsi les croyances populaires discriminantes les plus vulgaires. C'est encore la science qui a brisé les mythes des maladies honteuses, des manifestations sataniques alors qu'il ne s'agissait que de pathologies médicales.

Ces autres scientifiques, rarissimes, qui s'intéressent aux facultés parapsychiques et spirites, aux ovnis et autres mystères du monde, sont tout aussi méritants que les chercheurs qui oeuvrent dans le domaine de la psychologie et de la psychanalyse. C'est un travail difficile qui a pour objectif, petit à petit, d'apporter du confort à l'humanité en révélant des vérités sur bon nombre de phénomènes vécus et de facultés humaines qui sont encore mis en doute à notre époque. Et ces vérités sont susceptibles de faire progresser notre humanité, rien que cela! En effet, en faisant reculer les superstitions, en éclaircissant des zones obscurs des croyances, les scientifiques ont accomplis des miracles en quelque sorte, que ce soit dans le domaine de la santé, de la nutrition, et de la science elle-même en général.

Je rappelle ainsi que la religion - assimilable par certaines de ses croyances à de la superstition - excerçait une mainmise effroyable sur les connaissances scientifiques, la morale et la législation jusqu'au siècle des lumières qui a remis cela en cause. En Afrique, les mutilations sur les enfants ont pour origine des superstitions. Dans les océans, les marins craignaient jusqu'à récemment de mourir sous les tentacules et les griffes de créatures imaginaires. Que d'exemples pourraient être cités.

J'en prends deux autres comme cela : la psychologie n'entends pas croire aux médianimités. Des personnes sont pourtant "soignées", parfois soumises à de lourds traitements médicaux, en raison de facultés naturelles ignorées, prises pour des pathologies psychiatriques, qui seraient admises si la science parvenait à les définir parfaitement. D'autre part, un gourou qui exercerait une influence néfaste sur des esprits faibles grâce à des facultés incroyables, verrait son pouvoir diminuer si l'on pouvait prouver rigoureusement qu'il est dans le vrai ou dans le faux, dans la vérité ou dans le mensonge, peu importe tant que ses facultés sont replacées dans un contexte naturel. Malheureusement pour les disciples la foi n'est pas une question de science, elle prétend se situer au-dessus. Pour contrecarrer tout cela, qui nous paraît aberrant, il faut pouvoir s'appuyer sur une base solide, éprouvée. Or, seuls les scientifiques ont les moyens de mener de telles études. Les chercheurs anonymes ne pèsent pas le même poids auprès de l'opinion publique. On le constate bien, par exemple, au succès d'estime remporté par Jean-Jacques Charbonnier qui ne fait jamais que répéter ce que d'autres avant lui n'ont cessé de répéter. Il est un médecin anesthésiste qui témoigne scientifiquement du phénomène N.D.E.. Soudain, les personnes hésitantes lui prêtent de l'attention.

Pour terminer, je souhaite tout de même apporter de l'eau au moulin à la croyance (superstitieuse?) que les scientifiques sont des personnes malheureuses. Entre 1914 et 1919, un docteur Es-sciences anglais, W.J. Crawford, a étudié les manifestations spirites chez une famille dont le nom était Goligher. Son étude est présentée dans l'ouvrage intitulé : "La mécanique psychique", Payot, Paris. Une jeune femme parvenait ainsi à soulever les tables et provoquait des coups (raps) alors qu'elle se trouvait en état de transe. Tout le travail de ce chercheur a été, pendant ces années difficiles de guerre, de prouver minutieusement que les phénomènes étaient rigoureusement authentiques. Malgré la minutie de son travail, la rigueur scientifique que son époque permettait, il fut moqué, rejeté par ses paires trop imbus de leurs sciences. Il se suicida le 30 juillet 1920, "dans un accès de fièvre cérébrale, dû au surmenage professionnel et aux conditions créées par la guerre. On en profita pour insinuer que c'était un acte de désespoir causé par la découverte de la fraude dans les expériences du cercle Goligher et par l'écroulement de son oeuvre. Or, dans une lettre adressée quatre jours avant sa mort à Mr David Gow, directeur de la revue Light, il écrivait ces lignes : "Je vous suis reconnaissant de dire que cette oeuvre restera. Elle est trop consciencieusement faite pour qu'on y trouve des lacunes et des erreurs matérielles"" (rené Sudre, préface de l'ouvrage de W.J. Crawford).

Ainsi va la lutte entre la lumière et les ténèbres.

 

Auteur : Victor Maïa

 

Le texte suivant a été écrit par J. DE RIOLS entre 1905 et 1925. Il est la conclusion de son livre "Spiritisme et tables tournantes. Nouvelle méthode facile et complète", éditions Bornemann :

La croyance en l'existence d'êtres surnaturels, invisibles et incorporels, est aussi ancienne que le monde.
Dès que l'homme fut créé, ou du moins dès que le perfectionnement successif de son organisme et de son intelligence lui permit de raisonner abstraitement, il fit des comparaisons entre son état de faiblesse relative et les forces naturelles qui l'environnaient. Il eut une conscience nette des dangers incessants auxquels il était exposé et des moyens si peu nombreux et si inefficaces dont il disposait pour les conjurer.
Les grands phénomènes de la nature portèrent souvent dans son âme une terreur indicible. Les éclats de la foudre, le mugissement formidable des cataractes, les hurlements sinistres du vent dans les profondeurs des forêts, les clameurs des bêtes fauves, tout était pour lui un sujet d'émoi.
Dans L'enfance de son intelligence, ces effets avaient nécessairement pour lui une cause quil ne connaissait pas mais à laquelle il donnait une vie en dehors de la vie ordinaire ; il se créait autant d'êtres fantastiques qu'il était entouré de causes de danger ou d'étonnement. Il y eut un esprit particulier pour le tonnerre ; un autre présida aux mouvements des flots, un autre fit croître les plantes qui le nourrissaient.
C'est ainsi que naquirent les mythologies.
Plus tard, l'homme distingua entre les causes produisant d'heureux effets, et celles qui en amenaient de défavorables.
II y eut les bons génies et les mauvais génies.
Et, loin de décroître à mesure que la civilisation s'avançait, ce besoin de divinités s'affirmait au contraire davantage. Il y eut un moment où, selon une expression célèbre, tout fut dieu, excepté Dieu lui-même. Les vertus, les qualités, les défauts, les choses les plus abstraites, tout fut divinisé.
On avait commencé par le soleil, dabord. En effet, l'astre vivifiant avait pour l'homme un pouvoir dont il ne pouvait méconnaître les bienfaisants effets, et ce fut vers lui que montèrent ses premiers souhaits, ses premières objurgations.
Les grands phénomènes de la nature vinrent ensuite. Puis, les principaux éléments. Un jour il y eut une déesse pour la Beauté; il y en eut une pour l'Envie, pour la Discorde, pour la Guerre, l'Occasion, le Sommeil, la Paresse, la Luxure, la Sagesse ; pour les vices les plus honteux.
On en vint à diviniser le Silence.
On subdivisa même les déités : il y eut plusieurs Vénus, selon les diverses appréciations qu'inspirait la beauté.
Cependant cela ne suffisait point.
On trouva une origine divine aux plantes, aux arbres, aux sources, aux rivières, aux fleuves, etc. Le Laurier devint une nymphe métamorphosée en cet arbre. Le Narcisse fut un individu jadis infatué de sa jolie personne et transformé plus tard en cette fleur. La Rose, blanche autrefois, prit sa coloration de quelques gouttes de sang échappées aux doigts de Vénus...
Bientôt l'air fut peuplé d'êtres bienfaisants ou malfaisants, capricieux et maussades, dont les occupations se bornaient à suivre les voyageurs, à leur prêter assistance ou à les égarer ; d'autres esprits, portant des noms appropriés à leurs fonctions, hantaient les ruines, tracassaient les lavandières, descendaient dans les habitations sur un rayon de la lune, redressaient les torts, faisaient découvrir des trésors cachés, guérissaient les maladies ou les faisaient naître, donnaient la jeunesse et la beauté ou infligeaient la laideur et la vieillesse ; d'autres fréquentaient les cimetières et se délectaient de la chair des cadavres, etc, etc.
Les nymphes, les dryades, les amadryades, les fées, les ondines, les lutins, les gaines, les goules, les farfadets, éclorent successivement dans le cerveau des humains affolés.
Et, à des époques de haute civilisation, n'a-t-on pas vu des malheureux, simplement soupçonnés de commerce occulte avec les esprits, interrogés sérieusement par de sérieux tribunaux, condamnés à mort, et exécutés avec d'épouvantables affinements de barbarie?...
Que de pauvres hères, victimes d'une odieuse superstition ! On croit rêver quand on lit le procès d'Urbain Grandier, prêtre instruit, exécuté pour sorcellerie, à une époque où vivaient cependant des hommes comme le cardinal de Richelieu !
Aujourd'hui, malgré les progrès et la diffusion de l'instruction, combien de personnes ont encore de fausses et pitoyables idées sur les esprits ? Et quel est le premier livre que l'on donne à l'enfant qui sait lire d'hier seulement ? Les Contes des Fées.
Et il est à remarquer que, dès que la croyance à ces prétendus farfadets, gnômes, fées, etc., se fut affaiblie pour disparaître même complètement chez les personnes éclairées, une industrie spéciale vit le jour : celle des évocateurs d'esprits. Nous avons déjà parlé de la famille Fox. Ce fut elle qui eut le privilège des premières manifestations spirites ; mais le fait était trop nouveau et surtout trop extraordinaire pour ne pas donner à d'autres personnes l'idée de se constituer interprètes jurés des esprits. En Amérique on n'est jamais en retard quand il s'agit d'exploiter une situation nouvelle, une branche de commerce, une invention quelconque.
On créa donc très promptement une foule de médiums, de nuances et d'aptitudes variées, et, du domaine privé, les séances passèrent dans le domaine public.
On se souvient du célèbre médium Home et de tant d'autres, des frères Davenport surtout. Ceux-ci ont fait en France un bruit considérable. Après avoir eu en Amérique et en Angleterre un énorme succès, ils eurent la malencontreuse idée de venir chercher leur Waterloo à Paris. Ces deux frères, Williams et Ira, étaient, certes, des jongleurs ou plutôt des clowns d'une extrême habileté. Connaissant à fond l'art de faire, et surtout de défaire des noeuds paraissant inextricables, et ayant, en outre, les membres d'une souplesse inimaginable, ils se faisaient garrotter solidement ensemble et enfermer dans une armoire ; puis ils faisaient entendre le son des divers instruments que l'on enfermait avec eux. Ils changeaient même de vêtements et agissaient enfin comme s'ils avaient eu les mains et les jambes entièrement libres. On ouvrait l'armoire, et ils reparaissaient complètement liés. Pas une corde n'était dérangée !
S'ils s'étaient simplement contentés de mettre ces tours de force sur le compte de leur habileté, ils auraient gagné à Paris plus d'argent qu'ils n'avaient osé l'espérer. Malheureusement, et quoique Robin fit sur son théâtre, et à découvert, identiquement les mêmes expériences, ils persistèrent à vouloir persuader les Parisiens de l'intervention des esprits. On faillit les assommer et ils courent encore.
Ces Davenport ignoraient sans doute que déjà, sous Louis XVI, Cagliostro avait fait des expériences semblables, et qu'il se débarrassait rapidement des liens le plus habilement disposés autour de ses membres. (Voir Decremps.)
Plus tard, on transforma les esprits en vulgaires industriels, et les photographies spirites parurent. Malheureusement encore, le public ne crut pas devoir accepter les explications extrêmement compliquées des médiums photographes, ni la police correctionnelle non plus. Cette branche d'industrie mourut presque aussitôt après sa naissance. C'est grand dommage, vraiment !
Il y eut ensuite des médiums guérisseurs, dont l'aplomb fut si formidable, que les personnes les plus haut placées ne craignirent point de se compromettre en allant leur demander des soins. N'a-t-on pas vu des généraux aller consulter le zouave Jacob ?'

Enfin, aujourd'hui encore, en notre siècle de progrès, la profession de somnambule extralucide (et presque toujours de Péronne, on n'a jamais su pourquoi) n'est-elle pas extrêmement lucrative ? Celle de tireuse de cartes aussi ? Par l'intervention d'un esprit quelconque, une femme d'une ignorance crasse et d'un extérieur plus ou moins repoussant feint de dormir, et répond avec assurance aux questions dont la criblent non seulement les cuisinières mais des personnes que leur situation devrait au moins porter à réfléchir avant de se ridiculiser de la sorte.
Du reste, les questions sont toujours les mêmes. On demande l'explication d'un songe, d'abord, puis on passe à des détails plus intimes : on veut savoir si l'on est aimée, si l'on est trompée, si l'on héritera, si l'on réussira dans une entreprise, etc. Et l'on paie comptant les réponses plus ou moins cocasses que fait l'esprit dans un français absolument déplorable.
Nous nous sommes souvent demandé, en voyant des pronostiqueurs de songes et autres charlatans du même genre dûment autorisés par qui de droit,- se targuer d'un commerce spirituel et exercer carrément leur interlope industrie, dans les foires ou ailleurs, en l'annonçant même à la quatrième page des journaux, ce que peut bien signifier cet article du Code pénal :
Art 479. Seront punis d'une amende de onze à quinze francs : Les gents qui font métier de deviner et pronostiquer ou d'expliquer les songes.

 

Auteur : Victor Maïa